Première partie : I- Vous et votre agence de liaison, (Mexico) 1- Comment avez-vous eu connaissance de votre agence ? a) Publicité presse écrite ; b) Publicité radio/télé ; c) Publicité Internet ; d) Publicité par tiers humain 2 - Comment qualifiez-vous...
Je me suis levé à cinq heures du matin avec l'idée de faire le point. J'ai bu un fond de café froid et je suis allé m'asseoir dans le jardin. Faire le point. Je ne sais pas ce que ça veut dire mais je sens une espèce de nécessité que mon corps me dicte....
J'ai acheté un carnet blanc et un stylo. J'ai écrit la date en haut de la première page. Dix-neuf août. Théus m'a suggéré d'ajouter l'année mais je n'ai pas voulu, sans savoir pourquoi au juste. Elle n'a pas insisté, s'est plongée dans la lecture d'un...
Ce matin de bonne heure, j'ai pris ma première leçon de saut à la perche avec Jean Galfione. Nous avons d'abord couru en petites foulées autour du stade puis, après des exercices d'assouplissement des lombaires, nous avons bu du vin. Jean Galfione m'a...
Je n'ai rien écrit sur mon carnet blanc. Les mots qui se forment dans ma tête ne tiennent pas. Ils sont trop troués pour tenir. Ils ressemblent en cela au paysage de Cordon jaune qui pourrait d'un moment à l'autre basculer dans le vide et y entraîner...
Cordon jaune, ville silencieuse dont les mouvements ressemblent à des leurres, vit depuis une semaine dans une agitation ouvrière. Le stade, la piscine, l'étang sont de vastes chantiers à ciel ouvert. Bulldozers, excavatrices et marteaux-piqueurs travaillent...
Oui, il y aurait un livre à faire avec Jacques Louvain. Un livre qui hésiterait entre le récit et le roman. Un livre attaché à la porosité qui unit auteur et personnage, au point de conduire le texte jusqu'à sa disparition, ou, tout au moins, son effritement....
Des gens vont et viennent sur des vélos à panier, évitent pour ne pas tomber le piège des rails. L'été n'endort pas complètement la ville. La pierre blonde des immeubles fermés luit faiblement. Des femmes trottinent ou pédalent. Je les observe en fumant....
Voici le début d'un ensemble que j'ai publié en 1997 dans la revue belge Ecritures. Je ne l'ai pas encore renié. Ma peau ne pleure Que la nuit Dans des draps trop fermés Mon corps s'abandonne Au travail de la mort J'imagine la corruption lente Du sang...
Comme j'ai conscience d'écrire des poèmes sinistres qui me viennent de tous les côtés, voilà au pied levé un poème gai. Amalric a mal ri Bambelle mal rigolé C'est la faute au rimmel qu'a coulé Le rire était trop mouillé dans les yeux de Bambelle Celui...
Entre blanc et gris petit matin de routine sur les bassins à flots. Bateaux en berne après la nuit. Pavé luisant des halages à venir. Des rêves encore dans les yeux d'une promeneuse en slim. Un camion rouge passe et on dirait une copie pour enfants, presque...
Réenchanter les noms premiers Qui font surgir les choses Le nom de table Et le nom d'armoire Le nom du fruit Qu'on verra mieux sentira mieux En l'appelant pomme ou poire Avec son décor d'assiette posée là Au coin perdu d'un buffet qui n'ouvre plus Imaginer...
Ce matin je suis allé chez Jules m'acheter des chemises, (dix minutes montre en main ledit achat), et j'ai pensé à toi, Ruben Shrek. J'étais dans la bagnole en direction du magasin de chemises, (mon premier achat tout seul de chemises), et j'ai pensé...
Midi peut-être a sonné Il faudrait souffler comme les autres hommes A cette pause qui n'a pas de présence Dans laquelle je m'oublierais pourtant S'il n'y avait pas tous ces mystères Sous nos pas * La tentation du jardin encore Qui miroite au fond de tes...
Parfois Comme une brillance sur le chemin Le petit bonheur d'une traverse Un champ posé là au creux du tumulte Quelques ivraies solitaires et battues Où souffle une mémoire qui ne dit rien La nôtre qui sait Tout entière dans mes pas * Ici ou là Au détour...
Alors que je mets la dernière main à un texte pour une revue sur le concept de mystère, je pense à toi. Je pense à l'âne que nous avons vu dimanche au parc bordelais et que tu as couru dans un désir de caresse et que tu t'es exclamé : il y en a un pareil...
Qu'on en lise ou pas, la poésie est nécessaire à l'homme et cela quelque soit sa forme. Un regard, simplement étonné, croisé dans un chemin de fer, sur une promenade en bord de mer ou en bord de forêt suffit à donner une présence à ce qu'il touche. L'acuité...
Du crachin comme des grumeaux et la lumière a du plomb dans les ailes. J'écris pour écrire, rien d'autre. Aujourd'hui, je ne sais pas où s'en va mon vertige. Mes yeux sont trop pleins mais de quoi que je pourrais effacer. Les os craquent dans mes doigts...
Ricoh ne s'appelle pas Ricoh. On ne sait plus au juste comment s'appelle Ricoh, l'a-t-on jamais su ? Les noms se perdent voilà, le cercle a dû se restreindre, de ceux qui connaissaient le vrai nom de Ricoh, et maintenant plus personne... Ricoh s'en fout....
L'horloge à défalquer le temps qu'il a fait poser sur la façade de sa clinique, il pouvait pas savoir le véto, le succès qu'elle aurait. Trois cadrans digitaux, comme sur le tableau de bord d'un avion supersonique, à clignoter sans cesse, un pour le jour,...
Une heure de l'après-midi. Un ciel trop bas pour la saison et qui pourrait tomber. Séverine et Amina longent la palissade du chantier. Elles ont séché le cours d'hygiène alimentaire, ont bu du coca à la cafétéria, parlé des mecs. Elles rigolent. Chayeb...
Ricoh tient serré le tractopelle. Les chenilles arrachent à la terre des plaintes résignées. Parfois, dans la saignée, un bloc plus dur lance des étincelles. Ricoh se bat. Ricoh s'est toujours bien battu avec un tractopelle. Va pas t'échapper putain,...
Amzer al Kriss fait ses repérages, rêve que demain toute la cité louera son talent et que la télé filmera le chantier tout rose et bleu désormais. Amzer al Kriss est un soleil bleu qui passe devant la clinique vétérinaire et voit les trois cadrans de...
Mimine regarde une voiture qui traverse l'écran de la télé, dans un paysage si désert qu'il abolit toute idée de voyage, zappe sur la gueule mal rasée d'un buveur de bière. Son homme, elle dit comme ça Mimine, " mon homme ", dort la bouche ouverte sur...
Le radiateur à côté de moi a de la cire dans les oreilles. Ma tête bourdonne. Je ne suis pas moins une chose que le radiateur. Aucune pensée ne m'agite en ce sombre lundi. Aucun désir ne me porte à entrer là ou là. Je lis Les révoltés de Sandor Marai...