"Toute une vie bien ratée" ne veut pas dire une vie mal réussie. Ah ! Tiens ! Le titre de l'article parle de Zweig et il est question de Pierre Autin-Grenier. Encore une cocasserie de blogueur en mal d'originalité ? Même pas. Je suis seulement heureux...
Je m'assois sur une chaise pliante accotée à l'appentis et mes yeux suivent les ondulations de la terre. Petits grains piquetés d'herbe rase. Mottes grattées par les chats. Rotondités de glaise où perchent des oiseaux. Cailloux remontés d'un creux au...
Je ne déteste pas Michel Houellebecq. Son recueil de poésie publié par Flammarion est à peu près indigent et il le sait. N'empêche ! Son premier roman, Extension du domaine de la lutte , édité par le monument Maurice Nadeau, exprime au mieux le désenchantement...
Un paisaje Desde la ventana Abierta o cerrada es igual Hierba verde tierra negra Bajo el azul Y En un charco podrido Un ojo Demasiado redondo Como el olvido Que se va borrando J'ai envie de m'amuser à écrire en espagnol, avec mon seul bagage, sans recours...
Les habitations de Cordon jaune sont classées en trois niveaux selon des critères de surface habitable, de confort, de panorama et de prestations de service. Celles du niveau 1, traversantes, offrent une vue double, sur l'intérieur et l'extérieur de la...
Un huissier nous a introduits dans une salle de conférences. Des sièges confortables où nous avons pris place à notre guise. Les résidents du niveau 1, venus en voisins de leurs somptueuses villas, se sont aussi mélangés à nous. Pas de couleur imposée...
Je pourrais découper une bougie en cinquante-deux parties égales, en planter une sur un mini éclair et hop ! fête pour Jacques Louvain. Mais le coeur n'y est pas. Celui qui bat dans ma poitrine ne m'appartient pas tout à fait. Il y a dans ses pulsations...
Le mini bus s'est garé à côté des mini bus qui venaient des autres portes de la ville. Nous étions une petite quarantaine de passagers et nous ne savions pas quoi faire. Il fallait attendre. Une hôtesse viendrait à notre rencontre, nous expliquerait....
Oui, depuis notre maison, la vue est belle. Comme au niveau 1, a dit l'employée à l'accueil. Mais moi je n'ai rien vu. Je ne vois rien, ai-je dit à Théus. C'est que tu es fatigué, m'a-t-elle répondu, on ne traverse pas le désert sans fatigue. Je me suis...
Tu ne savais pas que tu étais déjà malade quand tu es tombée malade. Les indicateurs manquaient sans doute de fiabilité. Ton corps tenait encore bien la foulée des jours. La mémoire des coups durs que tu as encaissés pendant ton adolescence restait dans...
Comme promis, des ébauches ou des chutes, des copeaux. Et là c'est une ébauche vraie, signée Louvain. Tous les lundis à cinq heures, je rentre chez moi par le tram de la ligne B. Je le prends devant la librairie Mollat dans laquelle j'ai musardé. Je monte...
De grands yeux noirs passent dans une ville morte. Une cloche sonne. Un arbre pend. Des sillages de bateaux donnent à l'eau des frissons lents. Mes mains ne peuvent rien saisir. Ces yeux tout luisants de futur ne sont pas de mon histoire. Ils vont dans...
J'ai rarement vu autant de monde chez Catherine. Le docteur Klamm et la vieille dame chargée de l'entretien s'étaient assis sur des chaises en plastique et j'occupais le banc. Le sculpteur, debout, agité, trop bavard, présentait son interprétation du...
Cinquante ans après, tu parles encore de la mort de ton chien dans la neige. Qu'avais-tu donc fait de mal pour mériter ce malheur ? Tu te souviens des traces de sang que tu avais suivies jusqu'à lui. Un chemin que tu refais sans cesse, goutte à goutte,...
Ce pourrait être le titre d'un album pour la prime jeunesse. Mon inspiratrice a quatre ans. Elle se confie à la caméra de Brigitte Giraud lors d'un atelier d'écriture autour du rêve. Elle dit : "Moi, j'ai fait un cauchemaaar. Y'avait un louououp. Et le...
Jouissant de beaucoup de temps libre depuis mon infarctus, j'essaie pour la énième fois de ranger nos bibliothèques. Je sais que je n'y parviendrai pas. J'ai déjà écrit que les bibliothèques sont plus fortes que nous. Mais c'est l'occasion de retrouver...
place Saint-Seurin, 4 Une mère et sa fille de quinze ans sur un banc. Le temps est doux, propice à toutes sortes de vagabondages. La mère lit Jane Eyre à haute voix. La fille fait la moue, trépigne dans ses baskets, regarde par-dessus son épaule des jeunes...
Il m'a fallu du temps pour réaliser que je venais de passer ma première nuit à Cordon jaune. J'ai regardé la chambre, le bout arrondi du lit, les draps. J'ai regardé la fenêtre aussi, qui ressemblait à toutes les fenêtres cadrées dans la lumière du matin....
Emménager dans mon réduit a été difficile mais je ne regrette pas d'avoir refusé l'aide du docteur Klamm. Le vieux matelas à une place que je voulais y monter était culotté de transpiration. La table de nuit qui moisissait dans mon garage a mal supporté...
Un mini bus électrique est venu nous chercher. J'ai regardé les autres passagers, des nouveaux résidents donc, habillés de blanc tout pareil. Il y avait deux couples et trois personnes seules. Théus m'a poussé du coude, a pouffé. Les couples l'amusaient...
Un éclat de lumière Et sa patine contre un tronc Qui ne dit rien Pas même le jour venu Qui me tiendra pourtant Jusqu'au soir * Les heures me traversent Sans dépôt Comment m'étonner Avec ce vide * Mes gestes sont d'un autre corps Mes mots d'une autre langue...
Voilà une petite éternité que je ne t'ai pas écrit. Alors que maintenant tu peux me lire. Puisque tu franchis bientôt la dernière ligne de ton ce1. Et c'est bien de lignes qu'il s'agit, longues, difficiles, incompréhensibles souvent. Tu as appris à assembler...
Il faudrait atteindre au silence passé sous le silence, par les claires voie de la fenêtre. Venir à toi. Couler mécaniquement ma tête dans l'anse de ton coude. J'avale l'évidence de l'eau dans mes mains en travers de toute ta figure. Tu dis que l'odeur...
Ton cerveau maigrit. La peur te prend dans ce manque de coulures invisibles. Tu vois l'évidement de tes bras et de tes jambes, tu caresses les grains sur ta peau devenue sèche d'avoir trop pleuré. Mais comment mesurer au jour le jour ce que la mort arrache...
Je retrouve trois volumes de la collection écrivains de toujours que publiait le Seuil. Elle a marqué mon jeune âge comme les livres carrés de Seghers, Poètes d'aujourd'hui. C'était l'époque où j'essayais de comprendre la pensée de Georges Bataille. La...