(René Fontroubade, qui fut mon maître du CP au CM2 à l'école d'Ambérac en Charente, vient de mourir à l'âge de 92 ans. Il a vécu jusqu'à ses derniers moments dans sa maison, avec ses livres, ses arbres et sa serre, et totalement lucide. Instituteur du...
J'ai pédalé pendant une heure sur mon vélo d'appartement. Je me suis appliqué à faire des mouvements découplés, presque lents, comme si je me promenais sous une frondaison au coeur de l'été. Désormais, je me sens bien dans mes jambes et dans ma tête....
Notre dernier jour dans le chalet au bord du lac a été plus court que prévu. Catherine s'était pourtant levée de bonne humeur. Les brumes au-dessus de l'eau, la courbure des frondaisons où scintillait le matin l'enchantaient. Nous avons bu du café, fumé...
Notre dernier jour dans le chalet au bord du lac a été plus court que prévu. Catherine s'était pourtant levée de bonne humeur. Les brumes au-dessus de l'eau, la courbure des frondaisons où scintillait le matin l'enchantaient. Nous avons bu du café, fumé...
Je serais bien incapable de dire en quelle année j'ai rencontré Catherine tant j'ai l'impression de l'avoir toujours connue. Avais-je déjà, à cette époque, commencé à espionner mes voisins avec des jumelles ? Je n'en sais rien non plus. Je garde en revanche...
Moi aussi je suis malade mais je ne le sais pas encore. Un contrôle de routine. A partir d'un certain âge n'est-ce pas. L'infirmière du labo a été gentille. Je lui ai dit que les hommes sont plus douillets que les femmes et ele a opiné en riant. Mais...
Je ne sais plus combien de bières j'ai bues. Combien de cigarettes j'ai fumées. Je me lève pour aller aux toilettes et aussitôt je tombe par terre. A moitié évanoui. Toute une agitation se met en branle autour de moi. Premier secours, un linge humide...
Mais quand le pire a-t-il commencé ? A quelle origine s'est-il nourri ? Tu m'as souvent dit qu'il y a eu de nombreux suicides dans ta famille. Après avoir calfeutré les embrasures de ta cuisine, ton grand-père a ouvert le gaz. L'un de tes oncles s'est...
Comme tout le monde, je suis venu au grand troupeau par hasard. Sans histoire d'amour en toile de fond. Une copulation dans une chambre d'hôtel et c'est tout. Mon géniteur a pris aussitôt la poudre d'escampette et ma génitrice a dû prendre les eaux car...
Quand tu es tombée malade, j'ignorais que j'en prenais pour vingt ans. Je fais ce constat en buvant de la bière à la terrasse du Voltigeur. Je suis triste mais pas amer. L'amertume, si elle dure trop longtemps, vire à l'aigre. C'est le premier signe d'un...
Parfois, sans prévenir, les mots se font la malle. On les a sur le feu depuis quarante ans et pourtant. Comment dire. Comment le dire. Comment lui dire. On a peur. On a les jambes qui flanchent. Lui dire. Lui dire qu'on aime son visage et sa voix. Lui...
(off) Je me souviens d'avoir tenu la pose entre Sancho Panza et Don Quijote devant la maison natale de Miguel de Cervantes, sur un banc de pierre. Une pluie fine et pénétrante, llovizna, s'apprêtait au-dessus de nos têtes. Le ciel d'Alcalá de Henares...
(Ce texte n'est pas sorti dans la revue Borborygmes qui avait lancé un concours sur le temps je ne sais plus quand. A la relecture, je le trouve cependant convenable, c'est déjà ça. ) I Le temps est derrière moi Grand-mère aux dents vertes Qui chantait...
Un village assoupi au coeur de l'été en terre d'Aunis. Une rivière y serpente. La Boëme. Un nom comme une promesse de voyage au ralenti. Sur l'eau qui a verdi entre les vieux lavoirs, on imagine sans surprise des cygnes dont le cou démesuré se plie et...
Une rue un caniveau Quelque chose bat Dans l'eau immobile Ma peau déjà pressent une chimère La lumière couche la rue D'un gris sans grain Qui pourrait m'échapper Le trottoir frissonne avec ma peur La chose est un chiffon rien d'autre Epointé comme une...
Une bicyclette hors d'âge Contre un mur dans un jardin Image de carte postale Revenue avec ma fatigue Des flambées de capucines En tortillaient le cadre Faisaient claquer la lumière de mars Sur le guidon rouillé Mais le chien du voisin Aboyait son ennui...
Une silhouette sur un pont Elle ne dit aucune présence Aucune solitude Dans la lumière montée du contrebas Son ombre fait des hachures Longtemps après mon passage Mais comment les rassembler Pour dessiner un homme * Ce ne sont pas mes yeux Qui voient...
Les raisons de se réjouir ne sont pas si nombreuses. Sans la volonté de piocher çà et là un peu de contentement, on se prend vite les pieds dans la tristesse. Alors, tout à trac et en vrac, je salue le printemps des poètes. Je viens de découvrir un blog...
(off) Je prends toujours le tram à l'arrêt New York devant le bureau de tabac. J'aime m'asseoir sur l'un des premiers sièges. Je vois les oreilles du conducteur s'il a les oreilles bien dégagées. Je vois aussi les deux écrans qui lui servent de rétroviseurs....
J'allais mourir, c'était certain. Les têtes penchées sur moi s'apprêtaient à recueillir ma dépouille dans un drap. Quelques-unes faisaient des grimaces. D'autres gardaient la bouche ouverte. C'était donc ça l'antichambre de la mort. Un défilé de visages...
Une heure a passé et je ne m'en suis pas aperçu. J'ai vu un avion à hélices qui volait bas, une chèvre noire au détour d'un rocher. J'ai entendu des froissements d'agaves, des éboulis, des plaintes d'insectes. Mais rien de ce que je voyais ou entendais...
Foule de novembre finissant. Ciel bas sur le cours de l'Intendance. Des trams. Des scooters. Des pousse-pousse au pédalage assisté par la fée électricité. Un violonneux violonne. Son Chopin languide indiffère. Cette foule n'a pas d'oreille. Seulement...
Depuis une quinzaine de jours, je fais souvent des aller-retour au Japon. A Tôkyô ou à Manazuru, une station balnéaire que le tourisme de masse n'a pas encore défigurée. Il y a là comme une pension de famille depuis laquelle on entend la mer sans avoir...
Déménagement Voilà, je déménage. Pas mes neurones mais mes cartons. Mes nouveaux articles se trouveront désormais sur : http://dominique-boudou.blogspot.fr Je vais en profiter pour créer de nouvelles catégories et je participe le vendredi 3 mai aux Vases...
Retenir les heures du côté de la joie en regardant des platanes au-dessus de soi comme un chapiteau, des femmes sur des vélos, des fenêtres où les termites ont élu logis, un vieux porche et un théâtre dit Poquelin et, tout en buvant du vin sec, cultiver...