Souvent, quand je me promène dans la ville, j'échafaude pour te sauver une histoire saugrenue. Toujours la même. Un jour, nous décidons de changer d'identité puis de disparaître. Rien qu'en France, des milliers de personnes font ça tous les ans. On imagine...
Lire la suiteMais quand le pire a-t-il commencé ? A quelle origine s'est-il nourri ? Tu m'as souvent dit qu'il y a eu de nombreux suicides dans ta famille. Après avoir calfeutré les embrasures de ta cuisine, ton grand-père a ouvert le gaz. L'un de tes oncles s'est...
Lire la suiteIl y a cependant dans chacune de tes fibres une énergie qui me subjugue. Je ne crois pas que seule ta volonté y préside. Tu l'avais déjà quand tu es née. L'expliquer par l'héritage génétique serait également trop facile. Je préfère imaginer que cette...
Lire la suiteTu ne savais pas que tu étais déjà malade quand tu es tombée malade. Les indicateurs manquaient sans doute de fiabilité. Ton corps tenait encore bien la foulée des jours. La mémoire des coups durs que tu as encaissés pendant ton adolescence restait dans...
Lire la suiteComme tout le monde, je suis venu au grand troupeau par hasard. Sans histoire d'amour en toile de fond. Une copulation dans une chambre d'hôtel et c'est tout. Mon géniteur a pris aussitôt la poudre d'escampette et ma génitrice a dû prendre les eaux car...
Lire la suiteLa femme commande un café serré et un verre d'eau. Je ne sais toujours pas si elle est jolie mais sa voix me plaît. Elle a des accents chantants qui indiquent un phrasé du sud. Je ferme les yeux. Je me dis qu'en fermant les yeux j'imaginerai plus facilement...
Lire la suiteQuand tu es tombée malade, j'ignorais que j'en prenais pour vingt ans. Je fais ce constat en buvant de la bière à la terrasse du Voltigeur. Je suis triste mais pas amer. L'amertume, si elle dure trop longtemps, vire à l'aigre. C'est le premier signe d'un...
Lire la suiteParfois, sans prévenir, les mots se font la malle. On les a sur le feu depuis quarante ans et pourtant. Comment dire. Comment le dire. Comment lui dire. On a peur. On a les jambes qui flanchent. Lui dire. Lui dire qu'on aime son visage et sa voix. Lui...
Lire la suiteJane a toujours écrit. Ecrire comme marcher. Elle ne se souvient pas à quand ça remonte. La mémoire des gestes lui fait défaut. Ses doigts vont tout seuls sur le clavier. Elle s'en effraie, parfois. La vieille dame du dessus pousse son déambulateur sur...
Lire la suiteEncore une visite émouvante, dans sa nouvelle maison, dans son nouvel atelier, près de champs moissonnés et de vignes en promesses, à notre ami Claude Bellan. Tout ici est plus petit mais l'espace pourtant reste aussi grand. La présence de cinquante ans...
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