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Jacques Louvain, peut-être

par Dominique Boudou, carnets, extraits, en-cours etc.

20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 11:34

 Un paisaje

Desde la ventana

Abierta o cerrada es igual

Hierba verde tierra negra

Bajo el azul

Y

En un charco podrido

Un ojo

Demasiado redondo

Como el olvido

Que se va borrando

 

J'ai envie de m'amuser à écrire en espagnol, avec mon seul bagage, sans recours au dictionnaire. Des maladresses, des curiosités pour le moins, ne manqueront pas. Qu'importe ! C'est un jeu.

 

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 12:22

Les mots

Comme un bloc de matière sans nom

Ni origine

Dedans et dehors

Pas d'histoire pas de paysage à en tirer

Dans la tromperie des souvenirs

Seulement un peu de langage

Venu avec la salive et le sang

Le garder pour le pétrir

Sans savoir comment

Alors peut-être

Dans une durée remplie de hoquets

Une langue naîtra

Et il faudra beaucoup de fatigue

Pour la retenir

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Dominique Boudou - dans Poésies
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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 14:14

(Ce texte n'est pas sorti dans la revue Borborygmes qui avait lancé un concours sur le temps je ne sais plus quand. A la relecture, je le trouve cependant convenable, c'est déjà ça. )

 

I

Le temps est derrière moi

Grand-mère aux dents vertes

Qui chantait sa complainte aux bords du sommeil

Je presse le pas

Sous l'aiguillon des souvenirs

Qui tiennent encore contre la brume

Je sens sur ma nuque

Le souffle des enfances inventées

Une horloge pourrait sonner là dans la marche

Une maison naîtrait aussi

Avec un père et une mère

Accordés au pain du jour

Un volet battrait la mesure

D'une attente sans nom

Mais comment me retourner

Sur ce qui n'a pas de visage

 

II

Le temps perd en moi

Le grain des instants

Mon chemin ne trouve plus son chemin

Je regarde la ville suspendue à mes paupières

Avant la sirène de midi

Des lumières improbables

Y jettent des signes mouillés

Ils n'ont pas de rumeur sous mes semelles

Quand la marche s'évanouit

Dans la fatigue

Je cherche à saisir les minutes

Qui vont avec le sang

Qu'elles portent encore un peu

Ce qui me reste de conscience

Il faudrait courir et abolir la chute

Devenir vol d'oiseau ou de papillon

Mordre à pleines dents

Un bout d'éternité

 

III

Le temps est devant moi

Dans un corps qui n'a plus ses lieux sûrs

Ligne sans replis où étouffer l'attente

Le sang à découvert du sang

Et battre une vaine mesure

Qui invente encore mon chemin

J'entends que me reviennent

Les chansons vertes de l'enfance

Et le tintement sombre des pendules

Dans la fièvre endormie

Ma peau prend le vieux grain

Des vieilles heures

Toute une mémoire à porter debout

Jusqu'au silence

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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 13:33

Parfois

Comme une brillance sur le chemin

Le petit bonheur d'une traverse

Un champ posé là au creux du tumulte

Quelques ivraies solitaires et battues

Où souffle une mémoire qui ne dit rien

La nôtre qui sait

Tout entière dans mes pas

*

Ici ou là

Au détour de la marche

Quand le corps devient cette mécanique

Où se rôde la fatigue

L'esprit d'un caillou perdu

Soudain m'accable de sa légèreté

Mais comment dès lors

Rebrousser le chemin

Un caillou ne vient jamais seul

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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 14:09

Midi peut-être a sonné

Il faudrait souffler comme les autres hommes

A cette pause qui n'a pas de présence

Dans laquelle je m'oublierais pourtant

S'il n'y avait pas tous ces mystères

Sous nos pas

*

La tentation du jardin encore

Qui miroite au fond de tes yeux

Deux chaises intemporelles

Autour des cercles de l'eau

La grille qui grincerait

Comme elle grinçait tu t'en souviens

Le parfum de la terre

Dont nous savions le partage

Allons sois raisonnable

Je ne veux pas pleurer

*

Un autre enfant passe

Qu'on n'a pas remarqué

Qui connaît tout du chemin

Un enfant qui n'a pas d'enfance


J'ai écrit ces textes en une semaine de frénésie au mois de décembre 1997. Toute frénésie est suspecte en poésie, ce siège de la lenteur, mais je vous offrirai quand même d'autres extraits de ce recueil.

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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 12:10

Réenchanter les noms premiers

Qui font surgir les choses

Le nom de table

Et le nom d'armoire

Le nom du fruit

Qu'on verra mieux sentira mieux

En l'appelant pomme ou poire

Avec son décor d'assiette posée là

Au coin perdu d'un buffet qui n'ouvre plus

Imaginer l'ombre portée d'une main

Sur le point de saisir

Mais quoi dans la pomme ou la poire

Tisser encore et encore

D'autres noms à échancrer

Les menus paysages de la maison

Etre enfin debout

Au coeur du retrouvé

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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 11:36

Comme j'ai conscience d'écrire des poèmes sinistres qui me viennent de tous les côtés, voilà au pied levé un poème gai. 

 

Amalric

a mal ri

Bambelle

mal rigolé

C'est la faute au rimmel

qu'a coulé

Le rire était trop mouillé

dans les yeux de Bambelle

Celui d'Amalric

S'est tari

Mais leur corps

ont fait corps

dans le creux de l'été

et tout a été

étêté éthéré

sauf les rires qui cancanaient encore

entre leurs dents

Et moi qui n'aime pas l'été

ni le mouillé

j'ai bien rigolé

car rien n'a coulé

de mon flageolet

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Dominique Boudou - dans Poésies
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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 13:34

Voici le début d'un ensemble que j'ai publié en 1997 dans la revue belge Ecritures. Je ne l'ai pas encore renié.

Ma peau ne pleure

Que la nuit

Dans des draps trop fermés

Mon corps s'abandonne

Au travail de la mort

 

J'imagine la corruption lente

Du sang

La chair qui peluche et annonce

La poussière

Les muscles dont les poches

Suintent le vide

Au réveil

Mes yeux battus d'épouvante

 

Il y a des trous dans le sommeil

Qui augurent la tombe

Les corps lourds y chutent comme des pierres

Les os en s'abîmant ont des tintements

De fer

Seul

Le rêve où je me dresse encore

Me gardera vivant

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