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Jacques Louvain, peut-être

par Dominique Boudou, carnets, extraits, en-cours etc.

13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 14:14

(Ce texte n'est pas sorti dans la revue Borborygmes qui avait lancé un concours sur le temps je ne sais plus quand. A la relecture, je le trouve cependant convenable, c'est déjà ça. )

 

I

Le temps est derrière moi

Grand-mère aux dents vertes

Qui chantait sa complainte aux bords du sommeil

Je presse le pas

Sous l'aiguillon des souvenirs

Qui tiennent encore contre la brume

Je sens sur ma nuque

Le souffle des enfances inventées

Une horloge pourrait sonner là dans la marche

Une maison naîtrait aussi

Avec un père et une mère

Accordés au pain du jour

Un volet battrait la mesure

D'une attente sans nom

Mais comment me retourner

Sur ce qui n'a pas de visage

 

II

Le temps perd en moi

Le grain des instants

Mon chemin ne trouve plus son chemin

Je regarde la ville suspendue à mes paupières

Avant la sirène de midi

Des lumières improbables

Y jettent des signes mouillés

Ils n'ont pas de rumeur sous mes semelles

Quand la marche s'évanouit

Dans la fatigue

Je cherche à saisir les minutes

Qui vont avec le sang

Qu'elles portent encore un peu

Ce qui me reste de conscience

Il faudrait courir et abolir la chute

Devenir vol d'oiseau ou de papillon

Mordre à pleines dents

Un bout d'éternité

 

III

Le temps est devant moi

Dans un corps qui n'a plus ses lieux sûrs

Ligne sans replis où étouffer l'attente

Le sang à découvert du sang

Et battre une vaine mesure

Qui invente encore mon chemin

J'entends que me reviennent

Les chansons vertes de l'enfance

Et le tintement sombre des pendules

Dans la fièvre endormie

Ma peau prend le vieux grain

Des vieilles heures

Toute une mémoire à porter debout

Jusqu'au silence

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Dominique Boudou - dans Poésies
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commentaires

claire massart 22/05/2012 19:32


Le grain du temps comme un grain de peau ou le grain sonore d'un instrument ancien... Tout est si ancien, ami, si usé. Même l'inventé. Tout est là, dans ce que tu dis, on sent tout, on y est. Ça
nous vient, ce qui ne vient jamais. 

marie-claude 13/05/2012 16:03


repenser son temps d'hier, faire revivre les chansons vertes de l'enfance, se les réinventer pour lutter contre la fièvre qui nous endort peu à peu ... et entendre la pendule au salon qui dit
oui, qui dit non ... et puis qui nous attend  !


amitié .