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Jacques Louvain, peut-être

par Dominique Boudou, carnets, extraits, en-cours etc.

19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 13:48

Encore un trio pour saluer le printemps des poètes et des autres. Celui des éditeurs aussi. Je pense notamment à Jacques Brémond, aperçu au marché de la poésie de Bordeaux, et qui m'a paru rajeuni.

 

Il y a à sa porte un habit de désolation qui fait les cent pas,

un appel, un espoir, une sorte de double désossé de lui-même,

aux traits tirés, à la sagesse ignorant la douleur des mots.

*

 


Ce retour du noir défenestre le vivant,

à cette distance, ce ne sont plus que des amas indistincts,

le devenir du monde est chassé, chaviré, la statistique fait

office de lucidité.

Sansrepères, il n'y aura plus rien à dire puisque tout sera

déjà su.

Paul de Brancion, in Temps mort, éditions Lanskine, 2010

 

il faut écrire

pour découdre la bouche

 

dans nos cicatrices

dorment des miroirs

*

je suis 

où cessent les mots

 

dans la blessure silencieuse

qui nous appelle avec des larmes

 

je suis né

dans l'absence des mots

le ressac et l'oubli

 

conjurés par les pierres

Michael Glück, in Cérémonies d'exil, éditions Jacques Brémond, 1997

 

Voilà un jour où le temps plane longtemps sans tomber, pareil aux feuilles, un matin d'été où les vieux respirent tranquillement dans les rues.

Rien ne menace personne, dirait-on, le silence concilie les ombres agitées du sol, les monstres ne tracent pas leurs cercles, ne lancent pas les mots aigus du mal humain, non.

Couleur d'abeille sous les arbres, la mémoire volette à travers ciel sur une heure d'enfance. Le sacré sur la terre, il semble que ce jour ne le refuse pas.

*

De quelle pièce je rêvais à la maison, le temps d'en dire le nom les murs s'étaient refermés, je percevais une lueur, palpais l'espace de mes mains, est-ce que je souhaitais que l'eau me soit donnée, je ne sais plus, je ne pouvais ouvrir la pièce close, j'imaginais dans le noir de me baigner un jour dans la lumière pour me désaltérer.

Annie Salager, in Les dieux manquent de tout, éditions Paroles d'Aube, 1996, éditions ASPECT, 2004

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Dominique Boudou - dans Carnets
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commentaires

Brigitte Giraud 19/03/2013 18:19


Encore à découvrir, toujours, c'est ça qui est bien avec les mots (et la poésie). Quand il y a une "vérité" en eux. On la sent tout de suite en fait.

marie-claude 19/03/2013 14:36


je lis tes mots...


maman à mes côtés cogne sa tasse


ses mots oublieux de sens emplissent l'atmosphère ...


je tremble devant l'avenir ...


le passé me réconforte 


tout est pourtant poésie !


amitié.