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Jacques Louvain, peut-être

par Dominique Boudou, carnets, extraits, en-cours etc.

15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 13:13

Une mémoire sans oubli

Pèse sur toi depuis toujours

Des souvenirs même dans le silence

Autour du pain coupé

Et tes soeurs droites sur leur chaise

Qui te regardaient tomber

Tu avais dix ans

Un train passait

Dans la neige

*

Battre les draps

Sur l'herbe des cours

Et le pliage à quatre mains

Lissé à l'ongle pour l'armoire

Tu te souviens du blanc

Où tu voyais du rouge

Enfermé dans les chambres

Le père et la mère parlant bas

Les soeurs cachées sous les lits

Et le silence qui te prenait

La gorge

*

Tu me parles de l'oncle mort

Sous la frondaison des mitrailles

Dans les grands froids

De son nom qu'on t'a donné

Pour qu'il vienne à ta place

Et chaque jour à petits souffles

Ta vie cherche son chemin

Malgré lui

*

La nuit vient chercher ton corps

Où tremble un rêve d'yeux battus

Il porte en lui ces plaintes de bois sec

Que rien jamais n'éteint

Un peu de lait tourne au gris

Dans le bol oublié

Un reste de gâteau va tomber

De la table morte

Une proie encore pour les chats

Dans ta gorge

Apprivoisés avec la mie crachée

Et tu attends la levée du jour

Pour tomber

 

NB : Le troisième poème, et notamment les quatrième et cinquième vers, n'est pas définitif. Les autres le sont davantage mais sait-on jamais...

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commentaires

C comme Corinne 12/11/2011 19:14



terrain vague de la nuit où plus rien n'est et où tout est permis. A l'abri des regards. Un espace infini où se perdre.



kouki 17/10/2011 11:53



Ah Dominique, retrouver votre écriture vibrante est un plaisir ... Cordon jaune met habilement en place chez moi une mécanique de malaise.



marie-claude 16/10/2011 18:17



Il est des misères que seul le corps peut anéantir ... par sa propre disparition ... Comme tout cela est triste et dur ... comme tout cela est dit avec force !


Bravo !